« Cowboy the f* up! » C’est dans ta tête. #briserlestabous 

Depuis la création de mon projet « visages de la santé mentale », je m’efforce d’écrire de façon professionnelle et personnelle à la fois. Ce qui était à la base un projet uniquement « perso » s’est transformé très rapidement en projet d’entreprise, et c’est pourquoi je désire maintenir cet équilibre.

À travers mes réseaux sociaux, mon site web et les merveilleux échanges que j’ai avec vous, j’ai la chance de pouvoir revenir régulièrement à la source de MA mission. Même si cet équilibre pro/perso est parfois difficile à mesurer, je crois que malgré le fait que je bâtis une entreprise, pour briser les tabous, il faut parfois pencher plus du côté humain et vulnérable.

Dans mon objectif d’enrayer la stigmatisation entourant les maladies mentales je dois parfois, comme aujourd’hui, enlever mon chapeau de « business women » et parler sans filtres (ou presque!).

Parler haut et fort, briser les tabous sur les maladies mentales

Tout a commencé le jour où j’ai décidé de prendre un fameux selfie autoportrait en pleine crise de panique. J’ai eu une espèce de révélation! J’étais extrêmement tannée de devoir me cacher lorsque je n’allais pas bien. Dans ce temps-là, j’allais mal à tous les jours sans exception, alors on s’entend pour dire que j’étais littéralement enfermée chez moi.

Annulations de sorties par dessus annulations. Soupers de famille manqués, amies ignorées et sonnerie de téléphone « mutée », je passais tout mon temps entre mes maudits quatre murs! Pourquoi ? Eh bien premièrement, je souffrais énormément. Ceci dit, je dois avouer que même en étant très malade, j’aurais eu besoin d’être entourée beaucoup plus souvent des gens que j’aime.

J’aurais tant voulu voir mes amies et ma famille malgré tout. Chaque jour ou presque, j’étais triste d’être aussi seule. J’avais souvent juste envie de prendre le téléphone pour jaser avec mes frères ou mes belles-soeurs. J’avais aussi envie que mes « vielles chums de filles »  viennent me voir le temps d’un après-midi, pour changer le mal de place comme on dit.

Malheureusement, la solitude, la souffrance et la maladie étaient les seuls à me tenir compagnie lorsque mon amoureux n’était pas à la maison. Ne vous méprenez pas! Une grande partie des raisons pour lesquelles je ne voyais personne était sur moi.

Par contre, si je ne faisais que penser à ceux qui me manquaient sans prendre mon courage à deux mains pour aller les voir, c’est aussi dû aux nombreux tabous! J’ai toujours su que ce n’était pas pour mal faire ou me blesser, mais des commentaires, des regards et du non-verbal remplis de jugements et d’incompréhension faisaient partie de chaque rencontre avec d’autres humains.

Cowboy the F* up!

Les paroles ça fait mal. Même si vous ne pensez pas réellement ce que vous dites. Ou encore pire, lorsque vous le pensez! Lorsqu’on fait des crises de panique à répétition et qu’elles arrivent n’importe où, n’importe quand, et qu’on sait qu’inévitablement on se fera juger, c’est doublement difficile. C’est déjà honteux devant des étrangers, mais tsé, ce que les gens qu’on ne connaît pas pensent, on s’en fou un peu. Quand c’est quelqu’un qu’on aime, là c’est tough en TA!

Encore aujourd’hui, je vis avec le jugement de certains même si je suis moi à nouveau. Oui j’ai une maladie mentale. Oui j’ai été l’ombre de moi-même pendant plusieurs années et oui, c’est dur à comprendre. Je le sais, j’avais même de la difficulté à comprendre ce qui m’arrivait!

Comment étais-je supposé être entouré quand de l’être ne faisait qu’augmenter ma peine?! C’est exactement pourquoi la majorité des gens vivant avec la maladie mentale s’isolent, se referment sur eux-mêmes et n’osent plus sortir.

Les tabous ça tue! Ça tue les relations, ça tue les amitiés et ça tue à petit feu la personne qui est malade. Bien sûr, les relations ça marche dans les deux sens, mais prenez 5 petites minutes pour répondre sincèrement à ceci :

Si votre proche était malade du cancer, est-ce que votre façon d’agir serait la même?

Est-ce que vous voudriez passer plus de temps avec lui, car vous tenez profondément à lui?

Est-ce que vous iriez naviguer sur les « zinternets » pour comprendre son cancer, ses symptômes et essayer de trouver des façons de l’aider ?

Ou encore, est-ce que vous le regarderiez avec des yeux rempli de compassion et d’amour ou rempli de jugements ?

C’est dans ta tête!

La maladie mentale ce n’est pas dans la tête! Bon, ça l’est au sens littéral, car c’est le cerveau qui est malade, mais… vous comprenez ce que je veux dire. L’anxiété, la dépression, les troubles alimentaires et toutes les autres maladies, ça ne sort pas de notre imagination! Nos symptômes sont réels et notre souffrance est réelle.

Si je vous dis « je suis en dépression » ça devrait sonner à vos oreilles de la même façon que si je vous annonce que je suis diabétique. J’ai hâte au jour où les maladies mentales seront perçues et traitées de la même manière que les maladies physiques. Je dirais même que j’ai hâte au jour où le terme « maladie mentale » n’existera plus. J’ai hâte au jour où une personne que j’aime de tout mon coeur me verra comme elle me voyait avant.

La nécessité de s’informer.

Comme j’écrivais  plus haut, c’est tout à fait normal de ne pas comprendre la maladie dès le moment où votre proche en est atteint. D’avoir des questions, des incompréhensions, et même des jugements, ne font pas de vous quelqu’un de méchant. Ils font de vous quelqu’un d’humain. Ils font de vous un être à part entière. Ce qui est important par contre, c’est de ne pas laisser ses visions erronées dicter vos paroles et vos gestes. Vous devez vous efforcer à ressentir de l’empathie et surtout à vous rappeler la personne derrière la maladie.

Pour ce faire, je ressors une de mes expressions fétiches « Knowledge is power »! Informez-vous.  Nous avons la précieuse chance de vivre à une époque à laquelle l’information est hyper accessible. L’internet ce n’est pas seulement pour écouter des vidéos de bébés chats hein?! Non seulement il existe des centaines de sites dédiés aux maladies mentales, mais en plus, il existe de plus en plus de ressources pour les proches de personnes vivant avec la maladie mentale.

Ça veut dire que vous aussi pouvez recevoir de l’aide et du support pour vivre mieux avec les conséquences de la maladie de votre être cher. Vous pouvez même assister à des formations pour mieux comprendre les maladies mentales. « C’est tu pas beau ça ! »

Briser les tabous ensemble.

Si malgré tout vous avez encore des points d’interrogation qui flottent dans votre esprit, n’oubliez pas que de parler ouvertement, avec respect et amour bien entendu, c’est ce qu’il y a de plus magique! Posez des questions à votre proche. Non seulement ça vous permettra de comprendre, mais ça solidifiera aussi votre relation avec lui.

Être là l’un pour l’autre dans les bons comme dans les mauvais moments, c’est ça l’essence même d’une famille non? De s’aimer, de s’entraider et de pouvoir compter sur l’autre ça nous rend plus forts.

Votre proche a besoin de vous. Soyez présent, et ce même si ce n’est pas votre responsabilité.

Tabous maladie mentale, c'est dans ta tête. Stigmatisation

Les pires choses que j’ai lues/entendues.

Revenons aux tabous le temps d’un paragraphe ou deux avant de terminer.

Dans le cadre de mes jeudis #briserlestabous et les chroniques parler haut et fort du Salon VDSM pour la santé mentale, j’en ai vu des vertes et des pas mûres! J’ai donc envie de répondre à quelques mythes et tabous parfois choquants venant de la part de l’entourage de nos fans.

Mythe #1 : La médication pour les maladies mentales, c’est juste du “lobbying” des compagnies pharmaceutiques.

Euhhhh non! Bien que la médication ne devrait pas être la toute première solution proposée, il n’en reste pas moins que souvent elle est absolument nécessaire. Est-ce que c’est du « lobbying » de prescrire des médicaments pour l’insuffisance cardiaque ? C’est la même affaire pour la maladie mentale.

Tabous #1 : La dépression c’est une maladie de l’âme.

Encore là je dis « euhhhh non! ». La dépression, comme toutes les maladies mentales d’ailleurs, c’est une maladie du cerveau. That’s it ! Oui les émotions affectent notre état de santé, mais elles ne sont pas la cause d’une maladie. Avoir mal au genou n’est pas égal à avoir mal à notre « je » et notre « nous ».

Mythe #2 : Les personnes atteintes de maladies mentales sont moins intelligentes.

Tout ce que j’ai à dire là-dessus c’est : La maladie ça touche n’importe qui.

Tabou #2 : Mon proche malade a juste à se donner un coup de pied.

Guérir d’une maladie mentale ne repose pas sur le simple vouloir. Je vous mets au défi d’aller travailler lorsque vous serez tellement malade que votre corps tremble de façon incontrôlable, que vous avez une diarrhée fulgurante, et que vous n’avez rien avalé depuis des jours. Pas si facile que ça hein?

La vérité toute crue.

1 personne sur 5 au Québec sera touchée de près ou de loin par la maladie mentale.

24% des jeunes entre 15 et 24 ans meurent par suicide annuellement.

500 000 travailleurs canadiens par jour s’absentent du travail pour des raisons de santé mentale.

Et… près de 2 personnes sur 3 ne cherchent pas d’aide en raison de la stigmatisation entourant les maladies mentales.

Lorsque vous mettez votre famille, votre ami ou votre collègue de côté. Lorsque vous portez des jugements à leur égard et lorsque vous croyez à tort que sa maladie n’est pas réelle, vous contribuez à maintenir et augmenter ses statistiques malheureuses.

Je sais que c’est rough à lire. Personne n’aime se faire tenir responsable en partie de la souffrance de quelqu’un d’autre. Ce n’est pas facile de se regarder dans le miroir comme on dit. Croyez-moi, je sais!

Sachez par contre que ce dont je veux vous faire prendre conscience est essentiel. Je vous parle du coeur. Je vous parle en étant dans les souliers de la personne que vous aimez. Je vous dis ce que j’aimerais pouvoir dire à quelques-uns de MES proches.

De grâce, n’oubliez pas que tout ce que j’exprime vient d’une place remplie de courage, de vulnérabilité et surtout, sans jugements.

#briserlestabous

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